ComNat
Géologie dans le nord-ouest du Cotentin,
entre
le cap du Rozel et la baie d’Ecalgrain,
les
samedi 8 et dimanche 9 octobre 2022
Organisatrices : Gabrielle,
Hélène
Animateur : Gérard
Participants :
Gabrielle, Hubert P., Hélène,
Dominique T, Dominique D, Pascal, Odile, Patrick, Gérard, Anick, Yvette,
Robert, Laurence, François, Germain, Alix, Bernard, Françoise, Cécile et Hubert
L. …
Samedi 8 octobre 2022 au matin :
Rendez-vous à 10h route de La Folie au Rozel dans la
Manche, juste au nord du Cap du Rozel.
Gérard accueille et présente les futurs géologues. Il nous avoue le long travail de collecte de
documents pour illustrer cette sortie et distribue un petit matériel de mesure :
boussoles, loupes, marteau, acide, clinomètre artisanal, carte géologique…
On descend rapidement sur la plage au bout de la route de
la Folie, situation au nord du Cap du Rozel.
Nous observons
que les roches sont disposées en un grand nombre de bancs de taille
centimétrique, il s’agit de roches sédimentaires provenant de dépôts dans un
bassin sédimentaire. Chaque banc centimétrique est une unité de dépôt continu
correspondant à une séquence de sédimentation. Le fond du bassin sédimentaire
s’enfonce (subsidence)
ce qui crée de la place pour la sédimentation de nouveaux dépôts.
L’accumulation de ces dépôts est considérable et la pression lithostatique ou
pression de charge augmente avec la profondeur. Ainsi les bancs inférieurs
subissent une pression supérieure à celle des bancs situés au-dessus. Dans un
premier temps l’eau sort des sédiments puis, sous les effets conjugués de la
pression (2,7tonnes/m²
d’après Hubert P.) et de l’augmentation de température, ils sont
transformés en roche (diagénèse).
Ce n’est
qu’après plusieurs millions d’années, que sous l’effet de contraintes, ces
roches sont remontées à la surface.
La série entière sur ce site est évaluée à 1700
mètres de puissance (épaisseur). Il faut noter que ce que l’on peut observer
correspond uniquement à ce qui a pu être conservé, excluant, bien évidemment,
ce qui s’est déposé puis a été érodé avant l’enfouissement.
Suite à de
nombreuses questions, quelques notions géologiques suivent sur le plateau
continental, les problèmes de sédimentation de la baie de la Seine, de la
pollution et des nappes phréatiques.
Une petite expérience est réalisée,
elle consiste à creuser en aval d’un ruissellement sur le sable de la plage et
on constate aussitôt que l’érosion fait remonter la dépression dans le
ruissellement vers l’amont jusqu’à obtenir un nouveau profil d’équilibre. Il
s’agit d’une érosion régressive. Le surcreusement de l’estuaire de la Seine
(Seine aval) risque d’entrainer ce phénomène avec risque de déplacements de
métaux lourds et polluants actuellement piégés dans les sédiments.
On nous apprend
aussi que dans le cas ou eau douce et eau salée entrent en contact, c’est par
exemple l’eau de mer qui passe sous l’eau des fleuves dans les estuaires par
différence de densité.
La roche
présente au pied de la falaise ne raye pas le verre, donc pas de quartz, aucune réaction avec de l’acide, donc ce
n’est pas calcaire, c’est de l’argile compressée, un schiste à grains très
fins, une siltite (4µm à 64µm). A noter que la dénomination de schiste ne fait pas appel à
la nature de la roche mais au fait qu’elle est affectée d’une schistosité de
fracturation.

Le pendage
(angle entre les couches et l’horizontale), à cet endroit, est de 20 degrés
orientation ouest N270° (sur l’ensemble du site le pendage est dirigé vers le
nord-ouest). Ces couches datées du Cambrien inférieur, soit 520 M.a., lire 520
millions d’années,(début du Paléozoïque = ère primaire, la base du Cambrien est datée
de 540M.a. et représentée régionalement par le poudingue de base du Cambrien
que nous avions observé dans la vallée de la Laize), sont impliquées
dans la formation de la chaîne varisque (ex chaîne hercynienne formée entre 420 et 290 M.a.)
et constituent une partie du flanc sud du synclinal de Siouville, d’où le pendage.
Poudingue : roche
détritique comportant des galets cimentés entre eux. Si au lieu de galets, ce
sont des éléments anguleux, il s’agit alors d’une brèche.
Présentation de
la carte géologique de Cherbourg, montrant le synclinal de Siouville.

Le délitement
de la roche laisse apparaître, à cette endroit, des figures sédimentaires
appelées rides d’oscillation comme on peut en observer sur nos plages actuelles
(à ne pas confondre avec des rides de courant).
Sur cette
surface, des traces de bioturbation (ichnofaciès) témoignent de l’activité
d’êtres vivants sur le sable de cette plage fossile.
Toujours au
pied de la falaise (et aux nôtres !) on foule une roche noire, c’est une
dolérite, roche de filon, dite hypovolcanique car le magma, qui est le même que
celui des basaltes des dorsales et des fonds océaniques, mais qui ne parvient
pas à la surface.
Fin de la
première partie du samedi matin.
Puis en voiture
on se rend à la plage de Sciotot (Commune des Pieux située entre le cap de
Flamanville et le cap du Rozel) pour une courte étude de roche avant de déjeuner
car les estomacs sont vides depuis tôt ce matin.
Observation sur le bord de la route du Val Mulet d’un
affleurement de schiste.
Le schiste
présent ici possède plein de petits grains noirs, c’est un schiste tacheté, à
cordiérite. La cordiérite est un minéral de métamorphisme dont la formation
nécessite une température d’au moins 500°C. Ce schiste contient également des
minéraux brillants allongés ce sont des andalousites.
Vers 13 h 30 on
déjeune agréablement sur des tables de pique-nique toutes neuves avec un beau
soleil (et des toilettes !)
Samedi
après-midi
A 14 h 20 on reprend la route vers le nord à
partir de l’anse de Sciotot en direction de la Cale Jouan
.
En commençant
par une belle descente accidentée, à chacun de faire bien attention.
Et nous voilà
sur un sol presque lunaire jonché de gros cailloux sombres très polis portant
le joli nom (donné par des mineurs germanophones) de Hornfels de Horn en
allemand, la corne, et de Fels, le rocher, traduit en français par cornéennes.
Ces roches ont un aspect rubané, ce sont des roches métamorphiques provenant de la
transformation de roches préexistantes par la chaleur et l’augmentation de la
pression, qui nous indiquent une température comprise entre 300°C et
800°C.
Pas facile non
plus de marcher, par contre si on s’assoit c’est confortable parce que bien
lisse.
Une petite
pause vient à souhait car on aborde des roches très dures avec un pendage de 80
degrés vers l’est.
Ces cornéennes
présentent également des plis métriques
dont nous pouvons observer les charnières.
Le pendage des
cornéennes et leurs plis témoignent d’une contrainte orientée Est-Ouest à cet
endroit.
Et pour suivre
un petit parcours sportif.
Après une
progression difficile dans de gros galets d’une roche de couleur clair, nous
atteignons le gisement de cette roche massive, grenue constituée de plusieurs
minéraux : des feldspaths roses (Orthose), des feldspaths blancs (Albite),
des minéraux noirs et brillants (Micas de type Biotite), des minéraux verts (La
Hornblende verte) et des minéraux gris (Quartz), tous ces minéraux étant
visibles à l’œil nu.
Cette roche est
un granite, roche d’origine magmatique dont la cristallisation se fait en
profondeur qui ne peut être observé que lorsque toutes les roches situées
au-dessus de lui sont érodées.
Prélèvement
d’un échantillon de granite.
Nous pouvons suivre le contact entre
les cornéennes et le granite. Cette granodiorite s’est formée en même temps que
les plis de la chaîne varisque (5000m à 6000m d’altitude).
Le granite que nous avions observé à
Vire (Granite de Vire-Carolles) et celui de la Roche d’Oëtre (Granite d’Athis)
sont plus ancien (Chaîne de montagne cadomienne).
Explications
devant l’affleurement de granite à la cale Jouan. Le magma granitique a
une température d’environ 900°C.
Le granite renferme ici des enclaves
de cornéennes dont certaines sont parallèles aux cornéennes encaissantes mais
dont d’autres ne le sont pas ce qui signifie qu’elles ont tourné dons que le
magma était encore liquide.
Puis une montée, de
plus en plus difficile.
Bref tout le
monde arrive sain et sauf (ouf) prêt à continuer cette difficile mais
intéressante promenade géologique par un autre site un peu plus haut.
A l’assaut du
mont du Gros Bé par le chemin des
douaniers. Ce mont granitique est haut d'environ 75 mètres. Au cours de cette
randonnée nous apercevrons une première carrière abandonnée qu’un sculpteur
occupe maintenant !
Vénus
de Livio Giovannon, sculptée dans le granite, qui est restée très longtemps
dans la carrière et présentait sur une des fesses une grosse tache noire, dite
« enclave surmicacée » non visible sur la photo, composée de minéraux
ferromagnésiens.
Ces
enclaves surmicacées proviennent d’un autre magma d’origine mantellique qui
s’est joint au magma granitique.
Au
bout du sentier on débouche sur la Carrière de granite, Le Coquet.
Au lieu dit Le Coquet (près du Hameau Bonnemains), un chemin descend en bord de
mer jusqu’à une petite carrière creusée dans le flanc de la falaise en bordure
du massif. Cette carrière, libre d’accès, n’est plus exploitée à l’heure
actuelle.
On
peut facilement y observer le granite aussi bien dans le détail (sur les blocs
épars) que dans son ensemble, avec ses enclaves, ses filons et ses joints, les
uns concentriques parallèles à la bordure, les autres perpendiculaires aux
premiers et donc radiaires ces
derniers sont des joints de tension.
Nous
observons, à partir du milieu de la pente, des faciès d’altération du granite
avec « une érosion en boules », les blocs sont arrondis et entourés
d’une gangue sablonneuse due à l’altération et la désagrégation du granite,
c’est l’arénisation du granite. Au sommet, l’arène granitique a été emportée
par l’eau et les boules sont totalement dégagées dans un équilibre précaire,
c’est un chaos granitique.
Sur
le retour notre ami Pascal grand mycologue devant l’éternel déniche de belles
coulemelles. Miam, Miam pour ce soir
On
quitte le Havre Jouan direction Diélette.
Au
nord du port de Diélette quelques coups de marteau pour déterminer encore des cornéennes mais cette fois-ci plus
claires, et une couche de roche rouge foncé à marron due à la présence de
grenats grossulaires (dont la
composition chimique fait apparaître la présence de calcium), son origine est à
rechercher dans la formation des « Schistes et Calcaire de Néhou »
qui ont été métamorphisés en tactites (cornéennes calciques claires) et en
grenatite.
Le
grossulaire est un minéral de la famille des grenats, dont il représente le
pôle calcique alumineux.. Son nom dérive du nom scientifique de la
groseille à maquereau (Grossularia, synonyme de Ribes) en référence à la
couleur du minéral trouvé en Sibérie. On parle de paragenèse calcique.
Au
sud du port, au beau soleil couchant, nous arrivons sur les célèbres galets de
granite bien ronds que pas mal de gens prélèvent discrètement avec modération
pour mettre sur le pas de leurs portes, (mais faut pas le dire). Et parmi ces
super cailloux avec des aimants on peut attirer des petites pierres gris foncés
c’est de la magnétite.
La
magnétite est un minéral ferromagnétique. Cet oxyde de fer peut être
trouvé naturellement sous forme de cristaux au sein de roches éruptives (et
donc magmatiques) ou métamorphiques : Ici à Diélette, elle contient un
exceptionnel taux de fer soit 30 à 62 %, 52% en moyenne.
Fin
de cette journée bien remplie.
Il
est 19 h 15 quand on quitte Diélette pour le gite Thomas Hélie de Biville à
quelques km.
Le
temps de prendre l’apéro avec les délicieuses lépiotes élevées bien grillées de
notre ami Pascal, et on se met à souper
vers un peu plus de 21 h. Les bons petits plats préparés par les cordons bleus
LCDN et ANdC suivent : Quiches, salades composées, cakes, etc. puis le
« platal de fromgi », et les nombreux desserts « maisons »
le tout bien arrosé de bonnes boutanches (blanc, rosé, rouge) comme il se doit.
Bonne nuit tout le monde.
Dimanche
9 octobre 2022
C’est
bien grâce à Gab. que nous avons obtenu un R.V. dimanche à la mairie de Flamanville
avec Mr Le Maire qui gentiment nous ouvre le musée de la mine de Dielette
spécialement pour nous.
Visite
très instructive bien animée par un homme charmant connaissant l’histoire de
Dielette comme sa poche tant sur le port et son évolution que sur la centrale
atomique sans oublier la très célèbre mine de fer.
La mine de
fer de Flamanville dite de Diélette est due à la présence de la magnétite
provenant du métamorphisme de contact, par le granite, d’une couche de minerai
de fer préexistant, beaucoup moins riche en fer, cette couche se prolonge sous la mer. Cette mine particulière par son
exploitation sous-marine, de façon discontinue de 1862 à 1962, a été
définitivement fermée et absorbée par le chantier de la centrale nucléaire de Flamanville.
Visite du Musée de la Mine à
Flamanville.
L’exploitation de cette mine
entièrement sous-marine commence réellement en 1877. Les infiltrations imposent
un pompage permanent des galeries, mais la grande teneur en fer du minerai
(plus de 55% pour la couche 6),
comparables au minerai suédois, rend l’opération viable.
Les couches de 60m avec un pendage de
70° sont parallèles au cap de Flamanville.
L’étayage des galeries par les mineurs
est rémunéré à la tâche.
A partir de 1909, c’est la société
allemande Thyssen, à travers des sociétés intermédiaires, qui reprend
l’exploitation.
Elle entame la construction des
installations qui perdureront jusqu’en 1962. Les installations à terre seront
absorbées par la construction de la centrale nucléaire en 1978. Seul est encore
visible le wharf qui permettait le chargement des vraquiers en mer.
La cité ouvrière a été construite
entre 1909 et 1914. Elle offrait aux familles des mineurs un confort inconnu
dans les maisons rurales alentour.
La centrale électrique qui permet
l’exploitation est une des plus puissantes de France.
La mine , allemande, est mise sous
séquestre pendant la guerre de 1914-18 et se trouve noyée.
Elle est remise en service en 1929, au
moment de la crise économique, et ferme à nouveau en 1931.
Elle redémarre en 1937… et s’arrête en
1940.
Elle redémarre en 1950, avec les mines
de la vallée de l’Orne, et ferme définitivement en 1962, en concurrence avec le
fer mauritanien.
Les 150 ouvriers bénéficieront d’une
reconversion en génie civil pour la construction du site nucléaire de la Hague.
Dessin
schématique pour montrer le circuit du minerai entre les galeries d’extraction
au fond et les installations au jour.
« 2
travers bancs de 90 et 150 m sous terre croisent les puits. Le personnel
descend par le puits 3 et s’arrête à -90 m ou – 150 m. Perforation des trous
dans la roche, mines et explosion. On creuse une cheminée pour un train
d’échelle et une tuyauterie d’air. 2 mineurs vont abattre le minerai au
plafond. Tout le minerai est évacué au niveau -150m, chargé dans des wagons et
remonté en surface. Stocké, le minerai est transporté par le téléphérique
jusqu’aux cales des navires vers l’Europe du nord. »
Voir
Wikipédia Mine de fer de Flamanville.
Nouveau
déplacement au site magnifique de la Baie
d’Ecalgrain. Il est déjà midi et demi. Nous retrouvons notre guide.
Etude
de la période du quaternaire
Ci-dessus :
Dépôts de l’avant-dernier cycle glaciaire constituant ce qu’on appelle le Head.
Le Head
est constitué de blocs anguleux de toutes tailles emballés dans une matrice
argileuse. Les matériaux, issus de la gélifraction, ont été mis en mouvement
sur de faibles pentes lors des alternances gel-dégel sous climat
périglaciaire. Ce Head est rattaché au Saalien (avant-dernière période
glaciaire).
Un lœss
couronne l’ensemble. Head et lœss sont des formations sédimentaires mises en
place sous climat périglaciaire.
A la base de la
falaise un lit de galets et de blocs émoussés, constituant une plage
datée de 200 000 ans, est rapporté par les uns à l’interglaciaire
holsteinien, avant la glaciation saalienne et par d’autres à un interstade
chaud après le début de la glaciation saalienne. il repose sur une plate-forme
d’abrasion. Il s’est déposé au cours d’une période de haut niveau marin,
sous un climat tempéré. Les galets, de tailles variées, sont enrobés
dans une matrice sableuse. La disposition des galets, dont certains galets sont
redressés à la verticale, a été perturbée par la cryoturbation.
Solifluxion : La
solifluxion est la descente, sur un versant, de matériaux boueux ramollis
par l'augmentation de leur teneur en eau liquide. Pendant la saison moins
froide la couche en surface (ou couche active) se met à fondre et glisse
littéralement sur la couche inférieure solidifiée par le gel à une vitesse de
0,5 à 1,5 cm par an.
La
période quaternaire a duré 2 millions 600 000 ans avec 52 périodes froides
et 52 périodes de réchauffement d’après les stades isotopiques de l’oxygène (il existe dans la nature deux isotopes de
l’oxygène : l’oxygène 16, 998 pour mille et l’oxygène 18, 2 pour mille,
l’eau H2O contient les mêmes isotopes dans les mêmes proportions. En
période chaude, il y a plus « d’eau 18 » qui s’évapore qu’en période
froide et les glaciologues mesurent ces variations dans les glaces des régions
froides). Soit en divisant 2,6 M.a. par 104 périodes, on obtient
25 000 ans pour chaque période, en réalité les différents stades n’ont pas
une telle régularité mathématique mais il faut rapprocher ce chiffre de la
durée des cycles de Milankovitch. Il existe d’autres cycles qui influent sur notre planète dont certains
cycles solaires d’une durée de 11 ans (la NASA, prévoit un pic d’activité en
juillet 2025), de 200 ans et de 2300 ans.
La baie d’Ecalgrain présentant les
témoins des deux dernières glaciations et des deux derniers interglaciaires
serait un site unique au monde concernant ce sujet. Actuellement nous ne
connaissons pas une période de réchauffement, mais de dérèglement climatique.
En
effet, dire « LE » réchauffement climatique sans au moins ajouter
« actuel », relève, au mieux, de l’ignorance de l’évolution du climat
au cours du Quaternaire. Depuis quelques mois le vocabulaire est en train de
changer et nous entendons parler de dérèglement climatique, cette formule est
beaucoup plus claire et proche de la réalité car elle exprime le fait qu’il y a
une régularité (règle) et que cette régularité est actuellement perturbée.
Mais tout cela creuse et il faut bien se sustenter
ce qui arrive avec grand plaisir vers 14 heures, il n’est jamais trop tard pour
bien faire. Certains s’assoient originalement sur un petit muret, d’autres sur
une table de pique-nique toujours avec le soleil et vue sur la mer, le pied.
Ouvrages
utilisés pour préparer cette sortie :
La
bibliothèque du Naturaliste. La Normandie. Delachaux et Niestlé
Guides
géologiques régionaux. Normandie. Masson
La
Hague dans tous ses états. OREP édition
Neandertal
au Rozel. Dominique Cliquet. Association Historique de Surtainville
Guides
géologiques. Manche
Idées
reçues. Eric Buffetaut. Sommes-nous tous à disparaitre.
L'Homme de Neandertal (Homo neanderthalensis), ou
Néandertalien, est une espèce éteinte du genre Homo, qui a vécu en Europe, au Moyen-Orient et en Asie centrale, jusqu'à environ 30 000 ans avant le
présent. Selon une étude
génétique publiée en 2016, il partage avec l'Homme de Denisova un ancêtre
commun remontant à environ
450 000 ans. Cet ancêtre partage lui-même avec Homo sapiens un ancêtre commun remontant à environ
660 000 ans1, 2,3. Les plus anciens Néandertaliens fossiles reconnus comme tels
sont ceux de la Sima de
los Huesos, datés de
430 000 ans
Le site
archéologique paléolithique moyen du Rozel, département de la
Manche, (Normandie, France), livre des vestiges mobiliers (os, charbons,
silex et quartz taillés) et des structures (amas de débitage
d’éclats, concentrations de restes osseux témoignant de traitement de
carcasses animales, foyers) dans un état exceptionnel de conservation
qui autorisent des analyses de type palethnographique.
Cependant l’originalité du site consiste en la présence et la
conservation de dizaines de traces de pattes animales et surtout de
plusieurs centaines d’empreintes de pas, de mains d’individus de tous
âges constituant les groupes de néandertaliens qui ont fréquenté de
manière récurrente le site, il y a environ 80 000 ans.
Le site du Rozel compte parmi les sites majeurs du Paléolithique
moyen d’Europe de l’Ouest.
« Ils sont
une dizaine répartis en 2 zone de quelques m2. Sous leurs yeux, apparaissent
d’autres empreintes, ici, les coussinets d’un grand félidé, là, deux sabots de
sanglier, là , encore un blaireau…Miracle de la nature, entre dépôt de sable
porté par le vent et ruissellement d’eau qui abandonne des alluvions pour
enfouir les trésors et organiser un coffre-fort en mille feuilles très bien
conservé. Et encore des années de travail pour achever de comprendre.
Le site
paléolithique du Rozel est classé monument historique.
Les vestiges
extraits de ce campement néandertalien : empreinte pieds et mains, enfants
et adultes, parure, notamment une patte de rapace, diverses plumes, boules
d’ocre destinées à la peinture corporelle ou a servir d’antiseptique, os, silex
et quartz taillés intégreront dans l’avenir un musée normand.
La DRAC organise
annuellement une journée porte ouverte sur le chantier : sosneanderozel»
Après manger, on
reprend les études
En
route maintenant pour l’anse du Cul Rond…Des paysages à vous couper le souffle.
Mais avec le bon air maritime de la Manche, ça va !
Au
bord du précipice !
Paroi
nord de l’anse avec légende ci-dessous :
Et
voilà, attention, sur le sol de l’anse (à marée basse) on marche sur une roche
bizarre, c’est une découverte fabuleuse : du gneiss oeillé roche
métamorphique datant de plus de 2 milliards d’année, les plus vielles roches de
France. Tous
les Curieux de Nature sont impressionnés par cette découverte…
Le gneiss
([gnɛs])
est une roche
métamorphique
de la croûte
continentale
contenant du quartz, du mica, des feldspaths (albite ou orthose), tous
suffisamment gros pour être identifiés à l'œil nu.
La foliation, toujours présente mais
parfois peu visible à l'œil nu, est marquée par l'alternance des feuillets
clairs (blancs, gris, rosés) formés de quartz et de feldspaths, et de feuillets sombres
constitués de minéraux
ferromagnésiens
(micas noirs, amphiboles...), il y a ségrégation entre une phase claire
(leucocrate) et une phase sombre (mélanocrate).
Gros
plan ou on voit son feuilletage clair et foncé, ferro-magnésien et feldspath
avec des yeux.
Yeux de feldspath rose dans
l’orthogneiss œillé.
Le gneiss œillé tire son nom de la présence de gros cristaux de feldspath dont
la forme en amande
évoque des yeux. La forme en amande a été acquise par étirement et
amincissement des extrémités des cristaux de feldspath sous l’action de la
hausse de pression et de température au cours du métamorphisme.
Il y a sur ce platier deux gneiss,
l’un un paragneiss (provenant de roches sédimentaires qui n’ont pas été
trouvées sur le site pour le moment) et un orthogneiss (provenant de roches
magmatiques ou déjà métamorphiques). Ces roches datées de 2083 M.a. sont les plus
anciennes de France et correspondent à la chaîne de montagne icartienne
Les
migmatites sont des roches dans lesquelles la foliation est encore observable
mais très déformée, le métamorphisme a été d’une intensité telle qu’il y a eu
fusion partielle.
Migmatisation
Une zone « fondue »
(ayant subi une fusion partielle suivie d’une recristallisation), de couleur
rose, recoupe la foliation ; elle se reconnaît à son aspect homogène lié à
la disparition de la foliation et des yeux de feldspath.
Nous avons donc bien observé des
éléments de trois chaînes de montagnes :
300 à 320 M.a., chaîne varisque.
750 à 540 M.a., chaîne cadomienne.
2000 M.a., chaîne icartienne.
5
heures moins le quart, dernière visite au Manoir du Tourp à Omonville la Rogue,
une exposition dans notre thématique.
Cette exposition
vous propose un vertigineux voyage géologique, depuis l’aube des temps de la
Terre et sa naissance il y a 4.5 milliards d’années jusqu’à l’apparition de
l’Homme, en cheminant le long d’une frise chronologique et illustrée format
XXL. Nombre de sites de la Hague s’avèrent être des témoins exceptionnels
et magnifiques des grands phénomènes telluriques comme de la dérive des
continents. Des plus anciennes roches de France de l’anse du Culeron ou de Jardeheu
à la formation des dunes de Biville en passant par les mers d’il y a 450
millions d’années, c’est aux confins de la Hague que se révèle la fabuleuse
histoire de la Terre. Des échantillons de roches présentés à la façon de
pierres précieuses illustrent ces évènements majeurs et les facétieux goubelins de la Hague s’en
mêlent en éclairant de façon décalée les principaux phénomènes
géologiques.
Une exposition
réalisée à partir des dernières études scientifiques disponibles
et présentée dans le cadre du projet de labellisation Géoparc porté par la
commune de la Hague.
Un projet
co-produit par le manoir du Tourp et Guillaume de Monfreid.
Avec le soutien
de l’ANDRA
Un grand grand merci à Gérard, accompagné d’Anick, pour
nous avoir si bien guidé et renseigné précisément sur la géologie du nord de la
Manche, un souhait que tous les adhérents des Curieux de nature avaient émis
depuis longtemps suite à la sortie du 18 mars 2017 dans le Calvados, études des
trois synclinaux du sud de Caen.
En
noir, compte-rendu de Dominique.
En bleu, précisions d’après les notes
de Gabrielle.
En
vert, un commentaire de Gérard.